Jean Balladur et La grande Motte

Jean Balladur une vie d'architecture

Jean Balladur est né le 11 mai 1924 à Smyrne (actuelle Izmir en Turquie). Il entreprend en 1943 des études de lettres supérieures au lycée Condorcet à Paris, où Jean-Paul Sartre est l'un de ses professeurs. 

Mais il décide de se tourner vers l'architecture, dans laquelle il voit la « forme éminente d'une évocation de l'Esprit dans l'apparence du monde vécu ». Admis à l'École des beaux-arts en 1945, il intègre l'atelier de Roger-Henri Expert et obtient son diplôme en 1953. Il devient alors l'associé de l'architecte Benjamin Lebeigle, chez qui il travaillait depuis 1949. 

Mais ses liens avec Sartre se sont maintenus pendant quelques années et la revue Les Temps modernes le publiera à trois reprises : « Le Dedans et le dehors » (1949), « Un architecte romantique : Frank Lloyd Wright » (1955) et « Urbanisme et démocratie » (1956).


Avec Lebeigle et Jean-Bernard Tostivint – qui deviendra son principal associé –, Jean Balladur signe en 1958 un bâtiment qui le fait rapidement connaître : l'immeuble de bureaux de la Caisse centrale de réassurance, rue de la Victoire à Paris, l'un des premiers immeubles construits avec une ossature entièrement en acier et des murs-rideaux en façades. 

Si le choix des matériaux et l'organisation du bâtiment (espace modulable grâce à l'absence de tout point porteur intérieur) annoncent une génération d'immeubles de bureaux, les formes dessinées par Balladur trahissent un style personnel. Plus proche du lyrisme de Le Corbusier que du rigorisme de Raymond Lopez ou de Jean Dubuisson, Balladur s'inspire ici de l'architecture des paquebots : la pointe du bâtiment, en porte-à-faux sur un pilotis, évoque la proue d'un bateau, tout comme les garde-corps font songer à des bastingages et le dernier niveau à une cabine de pilotage.

La villa que construit Balladur en 1964 à Chantilly, comme le centre commercial de Massy-Antony (1959) ou les nombreux collèges d'enseignement secondaire qui lui sont confiés (à Toulouse, Bordeaux, Nantes, etc.) témoignent pour leur part de son intérêt pour l'œuvre de Mies van der Rohe. 

Balladur refuse toutefois de se laisser enfermer dans un cadre stylistique rigide ; au sein du Syndicat des architectes de la Seine (S.A.S.), dont il assure la présidence de 1959 à 1962, il milite ainsi, au côté de Georges-Henri Pingusson, pour une plus grande liberté d'action de l'architecte.


C'est précisément d'une liberté quasi totale qu'il jouira à la Grande-Motte. Intégrée dans le plan d'aménagement touristique de la région Languedoc-Roussillon, la création de cette véritable ville nouvelle balnéaire constitue, depuis les premières études en 1964 jusqu'à la livraison d'une ultime villa en 1991, le plus important chantier de l'architecte. Sur un plan-masse qui se détourne résolument de celui des stations balnéaires du XIXe siècle, Balladur conçoit un ensemble organique, dosant savamment le rapport entre bâti et espace public, végétal et minéral, intégrant ainsi de manière nouvelle l'architecture au paysage. 

Ce dernier est d'ailleurs, pour l'essentiel, créé de toutes pièces ; l'empreinte de l'architecte ou de l'artiste (les sculpteurs Michèle Goalard, Albert Marchais, Joséphine Chevry) est partout présente. Adepte de la construction métallique, Balladur découvre à la Grande-Motte les vertus poétiques du béton : le Grand Pavois (1968), la Grande Pyramide (1974), l'église (1975) ou le palais des congrès (1983) expriment de façon spectaculaire ce tournant presque baroque opéré par l'architecte – l'immeuble de logements et l'école maternelle de la rue de l'Ouest à Paris (1969), l'immeuble de la rue des Cordelières, de même que la maison en plâtre « Calanque 2000 » exposée en 1971 à la Foire de Paris seront conçus dans le même esprit. 

Face à la Grande-Motte, Balladur aménage en outre, à partir de 1969, la station de Port-Camargue, composée de petits immeubles en bandes ou à redans.

Avec l'école de la rue de la Tour à Paris (1975), il retrouve le rigorisme structurel des années 1960, une manière de construire qu'il n'a finalement jamais reniée. On lui doit encore des études de mobilier, des ensembles de logements à Bagnolet et à Dijon, des usines à Boulogne-sur-Mer, des instituts techniques universitaires (à Lille notamment), ainsi que la tour à trois branches S.C.O.R. à La Défense (1983).

Jean Balladur a enseigné l'architecture à l'école des Ponts et Chaussés.

Simon TEXIER, « BALLADUR JEAN (1923-2002) », Encyclopædia Universalis

immeuble-fondation-curie-balladur

immeuble de la Fondation Curie (1958-1962)

Avec l'immeuble de la Fondation Curie (1958-1962), rue d'Ulm, à Paris, Jean Balladur s'abstient de toute recherche formelle spécifique. En retrait par rapport à la rue, mais desservi par un avant-corps en rez-de-chaussée, le bâtiment principal de sept étages se présente comme un simple parallélépipède ; il se distingue cependant par un grand raffinement dans la mise en œuvre des matériaux. 

La villa que construit Balladur en 1964 à Chantilly, comme le centre commercial de Massy-Antony (1959) ou les nombreux collèges d'enseignement secondaire qui lui sont confiés (à Toulouse, Bordeaux, Nantes, etc.) témoignent pour leur part de son intérêt pour l'œuvre de Mies van der Rohe. Balladur refuse toutefois de se laisser enfermer dans un cadre stylistique rigide ; au sein du Syndicat des architectes de la Seine (S.A.S.), dont il assure la présidence de 1959 à 1962, il milite ainsi, au côté de Georges-Henri Pingusson, pour une plus grande liberté d'action de l'architecte.

De multiples fonctions officielles

De multiples fonctions officielles complètent sa carrière: président du Syndicat des architectes de la Seine, vice-président de la Confédération des architectes français, membre du conseil régional d’Île-de-France de l’Ordre des architectes, architecte du ministère de l’Education nationale, titulaire de la chaire d’architecture à l’école nationale des Ponts et chaussées de 1957 à 1977.

En 1999, il est élu membre de l’Académie des Beaux-arts de l’Institut de France, dans la section d’architecture, au fauteuil d’André Remondet.
Il est décédé à Paris le 15 juin 2002, mais sera inhumé dans le cimetière de La Grande Motte.


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